Martine Langlais-Pauly, née dans les bâtiments d’habitation jouxtant les locaux techniques, voit son grand-père et son grand-oncle Bernard et Pierre, travailler à la vigne et aux chais avec son père alors très jeune ainsi que les ouvriers, Gérard et Raoul... Un peu plus grande, elle participera au collage manuel des « papillons » mentionnant les millésimes sur les bouteilles (de vin sec produit à Cérons, d’où sa grand-mère était originaire, ou bien des étiquettes, d’aspect plus traditionnels des sauternes), puis elle "trainera" dans le chai au moment des vendanges…, goutera le vin nouveau, retiendra les odeurs, participera aux « accabailles » …, arpentera les vignes avec son vélo avec un sentiment de liberté incroyable ; et petit à petit, sans s’en apercevoir, s’imprègnera de cette culture du vin si chère à son cœur….
C’est ainsi que lorsque son père Jacques Pauly alors agé de 75 ans et après 50 ans de travail sans relâche et de passion sans bornes souhaite se retirer, elle n’hésite pas… Elle qui pendant 25 ans s’est passionnée pour la psychiatrie, laisse son travail, et avec lui ses relations intenses et profondes avec cet entourage. Ce sera pour elle un véritable deuil, mais ses « racines » sont les plus fortes.
Elle arrive à Clos Haut-Peyraguey à la fin de l’année 2002 et réalise tout l’attachement qui l’a toujours liée à la terre de son enfance. Elle qui a passé pas mal de ses vacances sur les bancs de la faculté d’œnologie, où s’est révélée sa passion, ne sait pas grand-chose, mais ce dont elle est sûre c’est d’avoir entre les mains un outil inégalable, un très grand terroir…
Elle va donc s’employer à le mettre encore plus en valeur, à lui offrir un bel écrin !
C’est avec beaucoup de sensibilité qu’elle prend la mesure de ce domaine, tout d’abord en observant le comportement des vignes. Ce qui la conduira rapidement à s’adjoindre les conseils d’un ingénieur de la Chambre d’Agriculture, et à faire évoluer certaines façons culturales, dans le but d’obtenir des raisins d’une « encore plus grande » qualité et un botrytis très pur. Elle n’a pas de temps à perdre. Serge Chauvet, œnologue conseil, en place depuis de nombreuses années à son arrivée, lui prodigue les meilleurs conseils et lui apprend son métier.
Ils « s’entendent » bien, ils ont le même souci de perfection, la même exigence. A ce duo viendra s’ajouter en 2007 un jeune ingénieur, Anthony Defives, animé par la passion des vins et rapidement des grands Sauternes, qui permettra que cette exigence soit mise en pratique à tous les stades de la culture de la vigne mais aussi de l’élaboration des vins.
C’est ainsi que pour aller toujours dans le sens de la qualité, rien n’est laissé au hasard. Des essais sont pratiqués à tous les stades. Le plus important exemple est le déclenchement du ramassage des raisins parcelle après parcelle, qui ne se fait qu’après dégustation des baies et confirmation du degré potentiel recherché. Cette observation méticuleuse permet de ramasser le raisin bon à prendre aujourd’hui, pas hier ni demain. La taille du domaine rend ce suivi possible. Il faut s’adapter à la nature et celle-ci n’en « fait qu’à sa tête » !
Martine Langlais-Pauly est en permanence dans les rangs de vignes auprès des vendangeurs (recrutés après une audition) pour préciser les consignes, vérifier qu’elles sont bien appliquées, et les faire évoluer si besoin, en fonction des premiers résultats du chai. Tout est fait pour tirer le meilleur parti du millésime. Les conditions de ce dernier étant toujours différentes, les acquis sont toujours remis en question !